L'Afrique du Sud augmente le salaire minimum au-delà de l'inflation
TLDR
- L'Afrique du Sud augmente le salaire minimum national de 5 % pour le porter à 30,23 rands, ce qui dépasse le taux d'inflation et permet de soutenir les revenus des travailleurs.
- L'augmentation des salaires vise à réduire les écarts de revenus dans une économie très inégale, mais confrontée à des taux de chômage élevés.
- Il s'agit de trouver un équilibre entre l'augmentation des salaires pour soutenir la demande et l'emploi et la prise en compte de la pression potentielle sur les entreprises et la création d'emplois.
L'Afrique du Sud va augmenter son salaire minimum national d'un montant supérieur au taux d'inflation, dépassant ainsi les attentes des entreprises et des analystes.
Le salaire minimum horaire augmentera de 5 % pour atteindre 30,23 rands à partir de mars, selon un avis du gouvernement publié mardi. Cette hausse est supérieure à l'augmentation moyenne de 4,7 % prévue pour 2026, d'après une enquête réalisée en décembre par le Bureau de la recherche économique.
L'inflation reste inférieure à l'ajustement des salaires. Les prix à la consommation ont augmenté de 3,6% en glissement annuel en décembre, tandis que l'inflation moyenne pour 2025 a ralenti à 3,2%, selon les données de Statistics South Africa.
Le salaire minimum a été introduit en 2019 pour réduire les écarts de revenus dans l'une des économies les plus inégales du monde. Cependant, le taux de chômage reste élevé. Environ 32% de la population active est sans emploi, ce chiffre passant à environ 42% lorsque les demandeurs d'emploi découragés sont inclus.
La croissance économique est restée faible, avec une augmentation de la production de moins de 1 % par an au cours de la dernière décennie.
Les groupes d'entreprises ont mis en garde contre une pression accrue. L'association AgriSA a déclaré que cette augmentation mettrait sous pression un secteur agricole qui se remet inégalement de la sécheresse, de la volatilité du climat et de l'apparition de maladies.
Les syndicats ont salué cette décision. Le Congrès des syndicats sud-africains a déclaré que des salaires plus élevés soutiendraient la demande et l'emploi.
Points clés à retenir
La décision d'augmenter le salaire minimum au-delà de l'inflation met en évidence les compromis politiques auxquels l'Afrique du Sud est confrontée. Pour les travailleurs, l'augmentation protège les revenus réels à un moment où l'alimentation absorbe une grande partie des dépenses des ménages. Pour les employeurs, en particulier dans l'agriculture et les petites entreprises, l'augmentation des coûts de la main-d'œuvre survient dans un contexte de faible croissance et de reprise fragile. Le gouvernement fait le pari que des salaires plus élevés soutiendront la consommation et contribueront à stabiliser la demande dans une économie en proie à la faiblesse des investissements et à un taux de chômage élevé. Les syndicats affirment que des salaires plus élevés peuvent soutenir l'emploi en augmentant le pouvoir d'achat plutôt qu'en réduisant l'emploi. Les critiques restent prudents. Le taux de chômage étant déjà l'un des plus élevés au monde, les entreprises dont les marges sont faibles risquent de limiter les embauches ou de réduire les heures de travail. L'impact variera selon les secteurs, les industries orientées vers l'exportation et à forte intensité de capital étant mieux placées pour absorber les coûts que les entreprises à forte intensité de main-d'œuvre. L'augmentation des salaires reflète également une tendance plus générale à protéger les revenus des travailleurs à mesure que l'inflation diminue. La question de savoir si l'augmentation se traduit par une croissance plus forte ou si elle exerce une pression sur l'emploi dépendra des gains de productivité, de la confiance des entreprises et du rythme des réformes économiques au cours de l'année prochaine.

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